Nous aurait-on trompés? En dépit du réchauffement climatique, il n’a jamais autant neigé sur les bords de l’Hudson River et dans la campagne new-yorkaise. Au nom de l’art rebelle d’Ai Weiwei et de la sensualité des belles pièces de George Yabu et Glenn Pushelberg: un décor immaculé du luxe glabre, du minimalisme lisse, de la lumière et rien qui dépasse. Parce qu’on peut faire acte de style partout, le blanc se refait une ligne de conduite, offre en intérieur ses pistes floconneuses de laine de chèvre ou de mohair. Il invite à la table précieusement monastique de Matteo Cibic, signe le nouveau Paris de la Maison Margiela à l’hôtel La Maison Champs Elysées. Il se taille même dans le cuir pleine fleur pour faire ses valises. Car, à l’heure où l’année s’achève, le départ intéresse. Toutes ces destinations vers les tendances qui se confirment, celles que vous commencez à connaître, les retours vers le futur et d’autres vogues qui déboulent. Il y a la façon très denim de pérenniser des objets bien identifiés (en l’occurrence les meubles de Jean Prouvé), la découverte des voies de traverse de François Azambourg, le concepteur érigé contre l’emphase pour mieux décrypter et épauler notre temps; il y a le printemps dernier des grandes foires et le récent automne des premières suisses et internationales qui descendent des podiums pour l’hiver.
Autant d’envies de créations, d’ailleurs, de réflexions, de sens (au singulier comme au pluriel), dont on vous propose aussi l’envers du miroir en mettant notamment en évidence la nouvelle stratégie du salon véronais Abitare il Tempo et son habileté à épouser l’époque en questionnant tous les rouages du meuble, de sa création à sa distribution.
Il était temps aussi de dévoiler l’ADN de Ionna Vautrin, créatrice française de la déjà célèbre lampe Binic de Foscarini et designer en plein sprint entre industrie et poésie. Et parce que l’échappée vers 2012 commence d’abord par la trêve des Fêtes, voici nos incursions dans les ateliers du rêve, où – de Venise à Yverdon-les-Bains – les artistes du verre que sont Massimo Micheluzzi et Yann Oulevay n’en finissent pas de sculpter la lumière et d’hypnotiser les saisons.

