Ci-dessus
1006 Navy Chair, copie conforme de la version originelle créée en 1944.
Une vocation d’indestructibilité
La destinée de la Navy Chair est intrinsèquement liée à l’histoire d’Emeco (Electrical Machine and Equipment Company), firme fondée en 1944 à Hanover, Pennsylvanie, par Wilton C. Dinges. Entrepreneur visionnaire s’il en est, à qui la marine américaine eut la bonne idée de confier un cahier des charges ambitieux: concevoir une chaise destinée à embarquer sur ses navires de guerre et autres sous-marins. Pour cela, il fallait que cette chaise fût incroyablement solide, ultralégère, résistante à la corrosion et non magnétique. D’où le choix d’utiliser l’aluminium (fourni par Alcoa) dans sa forme la plus pure, trois fois plus solide que l’acier et d’une légèreté quasi inégalée. D’où la nécessité également de mettre en place un protocole de fabrication extrêmement précis, articulé autour de 77 étapes (découpage, emboutissage, pliage, polissage, soudure…) couronnées par une finition manuelle. Autant d’atouts qui ont permis à la 1006 Navy Chair originelle de devenir un authentique objet-culte du design vendu à plus d’un million d’exemplaires à travers le monde depuis sa création en 1944. Date à laquelle Wilton C. Dinges, collectionneur d’art et grand admirateur de Rodin, eut l’audace de définir cette chaise désormais iconique comme un «chef-d’œuvre sculptural».