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Texte: Martine Pavia
 Les arcanes d’une success story séculaire
 

Telle une star du septième art, la chaise pliante s’est prêtée à des centaines de métamorphoses depuis sa conception, au milieu du XIXe siècle. Inspirant designers contemporains, étudiants plasticiens ou architectes. En se pliant de bonne grâce à l’évolution des modes et des mœurs…

 
 

Ci-contre
La Tripolina en version écrue, belle leçon de simplicité. Citterio.

 

Ressources historiques
A l’instar de la Navy Chair d’Emeco créée pour la marine américaine, l’ancêtre de la chaise pliante «moderne» fut conçue pour les officiers de l’armée anglaise engagés dans les grandes campagnes militaires de la deuxième moitié du XIXe siècle. C’est un obscur inventeur qui en imagina la première mouture, autour de 1855: un certain Joseph Beverly Fenby, dont on ne sait pas grand-chose sinon qu’il créa quelques années plus tard, en 1863, le premier piano mécanique. En tout état de cause, sa chaise pliante, qui fut dûment brevetée en 1877, se distinguait tout particulièrement par la modernité de ses lignes, eu égard au style victorien en vigueur à l’époque. Une modernité clairement nourrie par l’exigence de légèreté et de solidité liée à son usage sur les champs de bataille, puis sur les sites archéologiques. Son utilisation commença à s’étendre à un plus large public à partir de 1895, date à laquelle la société américaine Gold Metal of Wisconsin prit en charge sa production. Mais c’est en 1904 que Fenby la présenta sous le nom officiel de Tripolina lors de la Saint Louis Fair. A la suite de quoi il semblerait que Fenby ait vendu ses droits d’exploitation à des fabricants italiens et français, l’emploi du conditionnel étant ici de mise étant donné le peu d’informations parvenues jusqu’à nous.