L’histoire du design n’est pas marquée que par des best-sellers. Certains produits sont aussi devenus des icônes pour leur originalité, en dépit de leur impossibilité à rentrer dans tout registre ou toute typologie. C’est particulièrement le cas de la lampe Lucellino dessinée par Ingo Maurer en 1989, défiant toute catégorie mais fortement présente à l’esprit de tous les professionnels et amateurs de design. Tirant sa singularité de la juxtaposition de deux éléments radicalement antinomiques, elle dérange ou enthousiasme mais ne laisse jamais indifférent. Mi-ampoule, mi-oiseau, elle tient son nom de la fusion des deux mots italiens luce et ucellino, signifiant respectivement lumière et oisillon. Mi-objet industriel, mi-œuvre artisanale, sa beauté transcende tous les critères esthétiques usuels et, si elle ne fait pas forcément l’unanimité, elle émeut par sa fragilité et sa sophistication. Existant en version murale ou de table, elle est composée d’une ampoule électrique basse tension de douze volts en verre et laiton décorée de deux petites ailes en plumes d’oie montées à la main. D’une puissance de cinquante watts non halogène, elle supporte des courants de deux cent trente, cent vingt-cinq ou vingt-quatre volts grâce au transformateur inséré dans sa base. Présentée pour la première fois en prototype lors d’une exposition à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, à Paris, en 1989, elle est produite en série depuis 1992 et disponible dans de nombreux points de vente dans le monde entier.